Congrès CPLOL - Cascais (Portugal)

L’UNADREO a participé au 10ème congrès du CPLOL à Cascais (Portugal)

Après Florence en 2015, les membres de l’Unadreo ont à nouveau présenté leurs travaux lors du 10ème congrès du CPLOL à Cascais (Portugal) en mai dernier.
Ce congrès trisannuel est l’occasion pour les orthophonistes de toute l’Europe, mais aussi des autres continents, de confronter leurs pratiques que ce soit au niveau de l’exercice professionnel mais aussi de la formation initiale et de la recherche.

   
Sylvia Topouzkhanian, présidente de l’Unadreo, participe depuis plusieurs années maintenant aux travaux du CPLOL notamment au sein de la commission « Pratiques Professionnelles ».
A ce titre, elle a présenté, avec Ivana Chatton et Sylvie Moine, toutes deux orthophonistes suisses, les conclusions de leur groupe de travail CPLOL sur le multilinguisme :
« Coopération pluriprofessionnelle dans les situations de multilinguisme et spécificités de l’intervention orthophonique / logopédique ».
Elles ont rappelé que tous les orthophonistes travaillent dans des contextes pluriprofessionnels pour au moins une partie de leur rôle propre. Ils doivent donc coopérer au mieux et ont de nombreux défis de travail collaboratif à relever. Ces défis sont particulièrement importants dans les situations de multilinguisme, où les spécificités de prise en soins en orthophonie/logopédie sont encore plus prégnantes.
Le poster qu’elles ont présenté avait pour objectifs non seulement de mettre en évidence des pratiques de coopération pluriprofessionnelle dans les situations de bilinguisme/multilinguisme mais aussi de clarifier le rôle spécifique des orthophonistes/logopèdes dans ce contexte de diversité linguistique et culturelle.
Au travers de la diffusion dans différents pays européens d'un questionnaire, une analyse qualitative a été menée sur les réponses obtenues. Les situations de multilinguisme et les contextes professionnels sont très variables. Néanmoins les résultats mettent en évidence ce qui semble faire l'objet d'un consensus concernant les pratiques orthophoniques : la collaboration avec les professionnels du monde de l’enseignement et du soin (médecins, psychologues, autres paramédicaux) ainsi qu’avec les interprètes communautaires est essentielle.
La coopération entre les diverses personnes qui s’occupent de l’enfant permet d’avoir une vision globale de celui-ci, de la situation dans laquelle il se trouve et de coordonner les interventions, en évitant ainsi le risque de fragmentation et de doublons thérapeutiques.
Différents rôles spécifiques émergent : ils concernent certes l’évaluation et la remédiation orthophonique/logopédique (individuelle ou collective, au sein de groupes thérapeutiques pluriprofessionnels) mais également la prévention, le dépistage et la formation des autres soignants et intervenants du monde éducatif. Il s’agit également d’accompagner et d’informer les parents, en s’assurant d’un dialogue partagé et co-construit, en tissant des liens en tant que médiateur et en facilitant leur expression sous toutes ses formes.
Enfin les auteurs souhaitent que des recherches quantitatives et qualitatives puissent compléter leur travail, afin de valider des recommandations de bonnes pratiques à l’attention des orthophonistes.


Géraldine Hilaire-Debove
, directrice du Lurco, et responsable entre autres de l’ERU-41 (Discours et analyse conversationnelle) a présenté ses recherches récentes sur une partie du Test de la Grenouille (4-11 ans) consacrées à l’acquisition des connecteurs :
« Bilan orthophonique et évaluation des connecteurs : Test de la grenouille 4-11 ans ».
Après avoir rappelé le manque d’outils permettant de décrire rapidement le récit des enfants et la proposition du test de la grenouille 4-11 ans étalonné sur 317 enfants monolingues français, elle a également rappelé les notions de macrostructure du récit. Elle a reprécisé les mesures linguistiques retenues (petits mots outils/grammaticaux et marquage du temps) qui recouvrent des notions telles que la cohésion référentielle (introduction du référent et son maintien, réintroduction) ou les connecteurs (petits mots outils permettant la hiérarchisation des éléments du récit) qui permettent de repérer les structures syntaxiques plus ou
moins complexes.
L’étude porte sur l’inventaire des connecteurs produits par les enfants de la cohorte initiale issus de différentes régions de France et âgés de 4 à 11 ans. Cette analyse révèle 5 types connecteurs :
-    Déictique : « ça », « là » (accompagné de pointage) …
-    Logique/argumentatif : « alors », « parce que », « donc » …
-    Temporel de type : successivité (« et puis », « après », « ensuite », « et puis après » …), simultanéité (« pendant que », en même temps », « quand » …) et marqueurs de durée/position/rupteur (« la nuit », « le lendemain matin », « à un moment donné », « tout à coup », « soudain » …).
L’auteur a conclu sur l’intérêt de préciser, grâce à ces études, les profils développementaux du récit en fonction des âges. Il est prévu une prochaine mise en ligne de l’étalonnage sur le site du LURCO.


Nathaly Joyeux
, responsable de l’ERU-40 (ETP – Information – Prévention), a présenté les travaux d’un groupe de travail au sein de l’association de prévention Parol’84 sur la prévention des fausses routes en EHPAD : « Mieux prévenir et accompagner les troubles de déglutition des personnes âgées en EHPAD grâce à la formation des personnels par l’orthophoniste ».
Ayant fait le constat d’une difficulté à recruter des orthophonistes pour intervenir dans les EHPAD, l’association a proposé une démarche réflexive et évaluée. Un groupe de travail dit « groupe Dysphagie » s’est mis en place afin de conduire le projet de prévention. Une analyse préalable des données épidémiologiques et des besoins du territoire a permis d’en déterminer l’intérêt. Les orthophonistes du territoire ont été sollicités afin de participer largement à la mise en place de l’action. Il est apparu qu’une réponse aux besoins des EHPAD du territoire devait être formulée en termes d’évaluation des patients dysphagiques repérés par les établissements et en termes de formation des personnels soignants et hôteliers. Une étude de la littérature et des ressources en prévention a permis de proposer le parcours suivant :
-    Prise de contact avec l’institution, identification des besoins et établissement d’une convention
-    Evaluation des résidents et identification de leurs difficultés et plaintes
-    Recueil des demandes du personnel en matière de formation sur la déglutition et ses troubles
-    Formation pendant le temps de travail et sur le lieu de travail axée sur la pratique et l’entrainement lors de la collation qui suit la formation
-    Création de matériel d’information et de prévention à l’intention de tous (résidents, familles, visiteurs, personnel, …) par les personnels
-    Echange de pratiques et recueil des changements comportementaux un mois plus tard
Une série de questionnaires est construite afin de recueillir des éléments d’impact de la formation. La trame du matériel d’information et de prévention est en cours de création et d’évaluation.
Le groupe Dysphagie insiste sur l’importance de prévoir des indicateurs et de mesurer l’effet à court et long terme d’une action de prévention combinant évaluation des résidents et  formation des professionnels la plus pratique possible.

Ce congrès du CPLOL fut aussi l’occasion de découvrir les travaux du Pr Alexandre Castro Caldas sur la construction du langage chez les sujets illettrés ou de mieux comprendre comment fonctionne un groupe Cochrane. Tous les thèmes de l’orthophonie ont été abordés pour le plus grand intérêt des 600 participants et des 32 associations membres du CPLOL.

Les travaux présentés :

Poster de Sylvia TOPOUZKHANIAN
Poster de Géraldine HILAIRE-DEBOVE
Poster de Nathaly JOYEUX
 



Promouvoir, organiser, développer et initier la recherche dans le domaine de l'orthophonie.

LURCO